BELLE MAMAN

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Ce n’est un secret pour personne, les relations belle-fille belle-mère sont rarement au beau fixe. Ayant moi-même croisé il y a quelques années, le chemin d’une belle-mère shéitan, qui m’avait bien pourri la vie (mon couple en avait pâti), j’appréhendais beaucoup la rencontre avec la prochaine. Et ce qui me mettait encore plus la pression c’était le fait que mon chéri soit fils unique (le bon côté de la chose c’est qu’il n’y a pas de belles sœurs, hahaha parce que dans le genre, elles ne sont pas mal non plus) donc forcément très fusionnel avec sa mère.

La première impression étant déterminante j’ai fait mon possible pour la réussir.

Quoi de mieux qu’un bon repas pour briser la glace. J’ai en plus choisi de leur (belle maman et beau papa) faire découvrir une spécialité de chez moi, et ça a fait son effet, du moins avec beau papa, où le courant est tout de suite passé, tutoiement et tout.

Avec belle maman, ça a été une toute autre histoire, nous avons toutes les deux mis une barrière, invisible certes mais palpable par tous.

Il y a ensuite eu le repas de Noël, au cours duquel j’ai commencé à avoir ma petite place dans la famille. Je l’ai trouvé gentille mais sans plus, il subsistait toujours une petite distance. Ça m’a confortée dans ma méfiance.

Et puis Juliette est arrivée et ce petit être nous a tous faits tomber sous son charme. Émerveillées par tant de douceur et de beauté nous avons oublié nos petites personnes et notre orgueil. La glace était enfin brisée, et quelques jours après ils déménageaient à Ajaccio, sans qu’on ait finalement eu le temps de mieux se connaître.

Avec chéri, nous avons décidé de passer nos vacances d’été chez ses parents. Au cours d’une discution avec mon amie Mass, quelques jours avant le départ, j’ai abordé le sujet. « T’es folle toi » qu’elle m’avait dit. « Un mois chez tes beaux parents tu ne vas jamais tenir, je te donne 15 jours et t’en auras déjà marre », « vivre avec la belle famille ouh lala bon courage ».

Ouch! Dans quoi me suis-fourrée moi?! C’est pas faute de n’avoir pas été avertie, puisque j’ai déjà vécu une malheureuse expérience avec mes ex-beaux parents, dans les mêmes conditions.

Mais bon, comme je ne suis pas du genre à mettre tout le monde dans le même sac, ni à me laisser influencer, je ne changeai pas d’avis. Quitte à me faire avoir à nouveau, je leur aurais au moins donné une chance! L’avertissement de mon amie a néanmoins été bénéfique, puisque ça m’a rappelé de me mettre sur mes gardes. Ce que je fis dès notre arrivée à Ajaccio!

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Et voilà, nous y sommes, depuis 3 semaines, et j’ai largement eu le temps de me rapprocher d’elle et me rendre compte à quel point ma belle-mère est formidable. J’ai fini par relâcher la garde et l’entente est toujours au beau fixe.

Cette femme est une crème. Sans forcer ni faire semblant. Elle est juste naturellement gentille, humble et simple. Avec tout le monde.

Nous avons toutes les deux en horreur les conflits, les prises de têtes, les cachoteries de bonnes femmes. Sur le plan tempérament nous sommes ainsi, assez synchronisées.

Ce qui aurait pu créer des tensions, et que je redoutais le plus c’était le ménage. Pour ça je suis imparable, il n’y a rien à faire, c’est au dessus de mes forces.

J’ai été gâtée, je ne m’en cache pas, mes parents ont toujours eu des employés de maison pour les tâches ménagères, comme la plupart de la population des classes moyenne et supérieure d’Abidjan d’ailleurs. La gestion de mon petit 45 m2 quand j’étais célibataire était faisable, au delà j’ai du mal (mon homme l’a compris et accepte volontiers le partage des tâches : lui le ménage et moi la cuisine et les courses) alors faut pas m’en demander plus surtout que depuis l’arrivée de Jul, j’ai mis tout ça au second plan.

Alors quand j’ai compris qu’elle avait fait appel aux services d’une femme de ménage, je fus soulagée!

En dehors de ça, je ne suis pas une personne compliquée et elle non plus. Nous voulons toutes les deux les mêmes choses : prendre soin et protèger les deux mêmes personnes que nous chérissons. A moins de ne vouloir chercher la petite bête où elle n’est pas, je ne vois pas comment on aurait pu se clasher. À côté de ça, elle n’est pas du tout intrusif, respectueuse de notre vie privée, elle est souriante et bienveillante. Elle se soucie de mon bien être, de savoir si je vais revenir chez elle, cuisine ce que je souhaite manger. Et même qu’un jour elle m’a dit que j’étais la fille qu’elle n’a pas eu.

Attendez, je n’aurais jamais imaginé qu’une belle mère puisse me dire ça un jour, peut-être que je suis naïve et que je vais encore me faire avoir, qui sait? Toujours est-il que :

Nous avons passé le cap des 15 jours!

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